
Un filtre à eau ne fait pas une chose mais plusieurs, selon la technologie employée. Choisir suppose donc de savoir ce que l'on veut retirer, et, en France, de partir d'un constat : l'eau du robinet est l'un des produits alimentaires les plus contrôlés, et elle est potable presque partout.
La filtration mécanique
Une barrière physique retient les particules selon leur taille : tamis, cartouche en fibres bobinées, filtre en céramique. Elle élimine le sable, les sédiments, la rouille et les particules en suspension, et rien d'autre.
C'est le premier étage de toute installation sérieuse, et souvent le seul nécessaire : un filtre de 25 ou 50 microns posé à l'arrivée d'eau protège les appareils et les robinetteries des dépôts qui les usent.
L'adsorption sur charbon actif
Le charbon actif présente une surface interne considérable sur laquelle les molécules organiques se fixent. Il retient le chlore et ses sous-produits, les pesticides, certains solvants, et les composés responsables du goût et de l'odeur.
C'est la technologie des carafes filtrantes et des cartouches sous évier. Deux limites doivent être connues. Le charbon sature : passé un volume donné, il ne retient plus rien et peut relarguer ce qu'il avait fixé. Et il devient un milieu de culture bactérien s'il reste humide et tiède, d'où l'obligation de respecter la fréquence de remplacement et de conserver une carafe filtrante au réfrigérateur.
L'échange d'ions
Une résine échange les ions calcium et magnésium, responsables de la dureté, contre des ions sodium. C'est le principe de l'adoucisseur.
Il supprime le tartre et prolonge la vie des appareils, ce qui est son intérêt réel. En contrepartie, il augmente la teneur en sodium de l'eau, ce qui justifie de conserver un robinet non adouci pour la boisson et la cuisine, en particulier en cas de régime pauvre en sel. La résine doit être régénérée au sel régulièrement, et un adoucisseur mal entretenu devient un réservoir bactérien.

L'osmose inverse
L'eau est poussée sous pression à travers une membrane semi-perméable qui ne laisse passer que les molécules d'eau. C'est la technologie la plus complète : elle retire nitrates, métaux lourds, sels dissous, la plupart des micro- polluants.
Trois contreparties. Elle rejette une part importante de l'eau traitée à l'égout, souvent 2 à 4 litres pour un litre produit sur les appareils domestiques. Elle retire aussi les minéraux utiles, ce qui conduit à reminéraliser en sortie. Et elle demande un entretien rigoureux, la membrane et les préfiltres se remplaçant à échéance fixe.
La désinfection
Les lampes à ultraviolets inactivent bactéries et virus sans produit chimique ni modification du goût. Elles ne retirent rien : elles neutralisent. Elles ne fonctionnent que sur une eau claire, d'où leur place systématique en dernier étage, après une filtration mécanique.
Elles ont un usage précis : les puits, les sources privées et les installations autonomes. Sur un réseau public français, elles sont inutiles.
Choisir : partir de l'analyse
La qualité de l'eau distribuée est publique : les résultats d'analyse communaux sont consultables gratuitement et figurent une fois par an avec la facture. On y lit la dureté, les nitrates, le chlore, et les éventuels dépassements.
Cette lecture évite d'acheter une osmose inverse pour un problème de goût de chlore, que résout un simple charbon actif, ou un adoucisseur là où la dureté est déjà faible. Pour un puits ou une source privée, une analyse en laboratoire agréé est indispensable avant toute installation, et elle doit être renouvelée périodiquement.
